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VOITURE ELECTRIQUE : LE PIEGE SE REFERME

LE CONTEXTE

La voiture électrique est le must du moment.

L'Union Européenne pousse à un remplacement rapide du parc existant de véhicules thermiques par un parc électrifié, en jouant sur la réglementation (à partir de 2035, seuls les véhicules électriques ou à hydrogène seront autorisés à la vente).

La Commission Européenne a aussi initié le projet stratégique communément appelé "Airbus des batteries", porté en France par la société Saft.

Enfin, chaque Etat européen incite les automobilistes à franchir le pas, par exemple sous forme de bonus à l'achat comme cela se pratique en France.

 

Mais cette électrification de masse du parc de véhicules est-elle si vertueuse ? Il est permis d'en  douter, au regard des risques indéniables qu'elle comporte.

 

 

les risques

Ils sont de trois ordres : géopolitique, environnemental et financier.

 

Le risque géopolitique est lié à la localisation des matières premières : les mines de lithium, cobalt, cuivre... sont situées dans des pays lointains (Chine, Centrafrique, Chili...)  où les normes antipollution ne sont pas aussi drastiques qu'en Europe et où la population n'a pas d'autre choix que d'accepter la dégradation de son environnement.

Il n'en est pas de même sur le continent européen : face à une mobilisation massive des habitants, le groupe minier Rio Tinto a récemment fait marche arrière sur le projet de création d'une mine de lithium en Serbie.

 

De fait, il faut s'habituer à l'idée que l'Europe continuera à dépendre de pays lointains et plus ou moins stables ou coopératifs pour obtenir les matières premières nécessaires à la fabrication des batteries : le robinet peut être coupé à tout moment, à l'instar de ce que l'industrie automobile vit actuellement avec les difficultés d'approvisionnement en puces électroniques.

 

Le risque environnemental est avéré : en amont car l'extraction des minerais est polluante et gourmande en eau, en aval car le recyclage des batteries en fin de vie n'en est encore qu'à ses balbutiements.

 

Quant au risque financier... il sera endossé de facto par l'automobiliste, sous forme d'une augmentation du prix des batteries. Tout ce qui est rare est cher, et les difficultés possibles d'approvisionnement en matières premières ainsi que la faible revalorisation des matières présentes dans les batteries en fin de vie font que les prix peuvent augmenter sensiblement par la suite.

 

En conclusion

C'est pure folie que de tout miser sur la mobilité électrique. Une approche raisonnable et sensée consisterait à viser un bouquet de solutions, incluant bien sûr la motorisation électrique et la motorisation à l'hydrogène (lorsque la technologie sera mature), mais aussi le développement des transports en commun et du vélo en zone urbaine et péri urbaine et l'essor du bio GNV en zone rurale.

 

Le bio GNV est dans l'angle mort de la politique actuelle en matière de déplacement. Le gouvernement et les media n'en parlent quasiment jamais, alors même que ce carburant a tout pour plaire :

 

. contrairement à l'hydrogène, la technologie est mature et déjà bien maîtrisée par certains constructeurs comme le groupe Fiat,

. il ne présente aucun risque géopolitique car les ressources sont partout à côté de chez nous, sous forme de déchets agricoles,

. sa production est bien moins dangereuse pour l'environnement, sous réserve de contrôler la maintenance des méthaniseurs et veiller à leur correcte exploitation (pour éviter les incidents comme celui survenu à Châteaulin en Bretagne l'été 2020),

. compte tenu de l'abondance de la matière première, qui se renouvelle naturellement chaque année, le risque financier lié à la rareté de ce produit est quasi nul.

 

Formons le voeu que les citoyens vont se réveiller et exiger des pouvoirs publics la prise en compte de toutes les solutions, au lieu de s'enfermer dans un choix 100% électrique néfaste !

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